Dès sa nomination de sujet, Jean-Marie Didière se voit confier des rôles de soliste dans Density 21,5 et Slow,heavy and blue de Carolyne Carlson , Auréole de Paul Taylor , Bhakti 3 de Béjart. John Neumeier le choisit aussi pour la création de Vaslaw, Violette Verdy pour Variations, Félix Blaska pour Linea et Alwin Nicolais pour remplacer Murray Louis dans Shema. Noureev l’invite à participer à des spectacles de Rudolf and friends à l’étranger. Ce démarage « comtemporain » ne le fait pas oublier des grands ballets du répertoire. Rosella Hightower, alors directrice de la danse, le distribue dans les Pierres précieuses de La Belle au bois dormant et lui donne le rôle du Fou dans le Roméo et Juliette de John Cranko.
Ensuite , Jean-marie Didière passe d’un répertoire à l’autre, bousculant les étiquettes classiques/modernes : il est aussi bien l’un des Chefs du Sacre du printemps de Maurice Béjart, qu’Espada dans Don Quichotte ou le Marchand des Mirages de Serge Lifar. Il danse également dans le pas de deux du Bougeois gentilhomme (Balanchine), le pas de quatre du Lac des cygnes de V. Bourmeister et le pas de trois du même ballet ,dans la version de Rudolf Noureev.

Il marque de sa forte personnalité les personnages de Tybalt (Roméo et Juliette), d’Abderam (Raymonda) dans les productions de Rudolf Noureev , de l’Homme dans Sonate à trois de Maurice Béjart. Jérôme Robbins lui demande d’incarner la Présence mortelle d’In memory of…
Le Destin, il l’a interprété souvent déjà aux cotés de Charles Jude, Eric Vuan, Frank Augustyn dans Le Chant du compagnon errant (Maurice Béjart), mais surtout avec Patrick Dupond lors de nombreuses tournées du groupe Dupond et ses stars. Comme un temoignage de fidélité, Jean-Marie Didière ou la force de l’amitié. Celle qui le pousse déjà à aider ses camarades à travailler, à les faire répéter, et à enseigner à d’autres ce qu’il a appris.

Avec la maturité, Jean-Marie Didière qui a toujours eu, en scène, une formidable présence, va aiguiser ses dons de comédien pour composer des personnages que le jeu théâtral et la pantomime ne rendent pas « secondaires », puisqu’ils sont au cœur de l’action dramatique.

Il sait aussi bien ne pas « charger » un traitre de mélodrame (Don Lopez dans Paquita) que donner au Rajah de La Bayadère une autorité et une noblesse indiscutables. Il éclaire ce vieux fol de Don Quichotte d’une poésie touchante et jamais ridicule. Mais il excelle tout particulièrement à se glisser dans la peau d’individus étranges et inquiétants comme le Maure et le Charlatan de Petrouchka ou le Joseph de Hurlevent, sorte de passeur entre deux mondes, le réel et l’au-delà.
D’ailleurs, le fantastique lui va bien : de Rothbart (Lac de Bourmeister) à la Sorcière de La Sylphide, il peut, sans grandiloquance, faire croire à des forces maléfiques.

L’une de ses transformations les plus étonnantes n’est-elle pas ce Monsieur GM dans L’Histoire de Manon qui, avec cynisme, se plait à tenir en son pouvoir ces jeunes gens frivoles et inquonséquents ?

A l’opposé, Jean-Marie Didière s’amuse parfois à faire le clown, caricaturant un ado « déjanté » dans Les Sept péché capitaux de Laura Scozzi ou brossant un réjouissant Grand-père dans le Casse-noisette de Noureev, ancien général bourré de rhumatismes et perpétuellement bougon.

Ombre et soleil… Salut l’artiste !

Josseline Le Bourhis

En raison des directives gouvernementales, les cours enfants et adultes sont suspendus, à partir du 30 octobre 2020 pour une durée initiale de 4 semaines.